Fabienne Bermond : « Avec la marche, on avance ensemble, on se dépasse »

Les valeurs de l’olympisme résonnent pour ASSPA. L’association était présente dimanche 12 mai lors du passage de la flamme olympique à Arles, avec son coordinateur Thomas Joubert, qui figurait dans la haie d’honneur, et de Fabienne Bermond, licenciée du Cercle d’escrime du Pays d’Arles et d’ASSPA, qui a portée la flamme jusqu’au Théâtre antique. L’escrimeuse participe à l’activité marche nordique le samedi avec notre association.

Comment avez-vous vécu d’être relayeuse de la flamme olympique à Arles dimanche 12 mai ?

La flamme représente beaucoup de choses pour moi. L’escrime affiche des valeurs olympiques, avec le respect de l’arbitre, le dépassement de soi… Tout cela compte pour moi. J’avais déposé un dossier pour porter la flamme, mais j’étais remplaçante. J’étais un peu déçue, forcément. Et puis, Séverine Rouressol, ma maître d’armes, m’a appelée pour me dire que j’allais intégrer l’équipe de relayeurs car Nancy Garcia était retenue pour un stage avec sa fédération. J’avais les larmes, je les ai toujours d’ailleurs !

Quels sont les sentiments qui vous ont accompagnée lors du relais ?

Tous les gens vous aiment, surtout les enfants ! Ils viennent vous voir, discuter avec vous, c’était magique. Je ne connaissais pas mon parcours, mis à part le lieu du rendez-vous, la Place de la République. Lors du dernier rassemblement, au Musée bleu, on me dit que je serai au Théâtre antique pour transmettre la flamme à Marc (Traverso). Oh la vache ! C’était un coup de pression. Lorsque je suis arrivée et que j’ai levé la flamme, c’était fou !

Voir Stéphanie Mariage allumer le chaudron, c’était un beau symbole ?

Elle était stressée ! C’est bien que ce sport soit mis en valeur. L’équipe d’épée paralympique est venue effectuer un stage à Arles. Ils avaient envie de faire partager leur sport. Mais que c’est dur, il faut des bras en béton. Souvent, on me dit : « vous étiez sportive ». Mais c’est toujours le cas, ce n’était pas avant. Eux aussi, ils ont leur place comme les autres.

L’inclusion est-elle une valeur qui vous tient à cœur ?

Moi, je ne vois aucune différence entre les sportifs. A côté de l’escrime, je donne des cours d’équitation à des enfants handicapés mentaux à Istres, tous les lundis. Quand on arrive à voir des progrès et qu’ils montent à cheval, c’est une véritable satisfaction.

C’est ce que vous recherchez chez ASSPA ?

Pas forcément sur l’inclusion, plutôt sur le sport santé. J’ai commencé l’escrime à l’âge de 50 ans. Je me suis posée de question sur mon âge, est-ce que ça valait le coup de commencer maintenant ? Et puis, j’ai réalisé un beau parcours. Avec ASSPA et la marche nordique, on parle, on avance ensemble, on s’adapte les unes aux autres. Chacun fait de son mieux. Les filles un peu plus lentes, on les porte, on les tire. Le groupe permet de se dépasser.

Avec la marche nordique, sportive ou pas, vous ne voyez aucune différence ?

Aucune ! Souvent, je suis un peu devant, on m’appelle « la biquette ». Mais on s’attend, on est ensemble.

Avec le Cercle d’escrime du Pays d’Arles et ASSPA, vous partagez des valeurs communes ?

Le Cercle donne des cours aux personnes en situation de handicap et des compétitions entre foyers sont organisées. Ils sont à fond ! Leur envie de gagner est la même que la nôtre. Avec ASSPA, j’aurais voulu vivre la marche d’inclusion le 9 juin, mais je me suis blessée.