Joffrey Chiron (Comité paralympique et sportif français) : « ASSPA est un repère dans le Pays d’Arles »

La question se pose avec insistance. Quel héritage laisseront les Jeux paralympiques de Paris 2024 pour le public en situation de handicap ? Certains représentants du parasport ont largement traité ce sujet brûlant, comme Alexis Hanquinquant, sacré en para-triathlon (« Nous sommes dans une période d’incertitude »), et Michaël Jérémiasz, chef de la délégation française (« Les Jeux ont-ils changé quelque chose ? C’est encore flou »). L’évolution ne se verra pas du jour au lendemain, c’est une certitude. De son côté, le comité paralympique et sportif français (CPSF) s’est déjà mobilisé sur ce dossier avec le programme « Club inclusif ». A travers des journées de formation, il vise à accompagner et à sensibiliser plus de 3000 structures en France autour de l’accueil des personnes en situation de handicap. Une session était proposée à Arles du 9 au19 décembre. Mardi 10 décembre, une matinée en immersion au Haras d’Anibert, avec Murielle Garcia, était organisée en collaboration avec ASSPA, sur le thème du sport adapté. L’occasion d’échanger avec le représentant régional, Joffrey Chiron, sur l’importance de ces formations pour capitaliser sur les Jeux paralympiques et le rôle tenu par ASSPA sur l’inclusion à Arles et dans le Pays d’Arles.

En quoi consiste le programme « Club inclusif » ?

Il a vocation à accompagner les clubs pour les aider à mieux accueillir les personnes en situation de handicap. C’est un programme porté par le comité paralympique ainsi que par les fédérations handisport et sport adapté. Le CPSF s’est déjà engagé fortement depuis deux ans sur le sujet et des sessions ont été mises en place ces dernières semaines dans le département (Marseille, Aubagne, Istres, Saint-Rémy-de-Provence, etc.). L’idée, c’est de dédramatiser le sujet et de sensibiliser les clubs pour ouvrir leurs portes à des personnes en situation de handicap.

Etes-vous déjà satisfait de la volonté d’ouverture affichée par les clubs dans le département?

En moyenne, une personne handicapée doit faire 50 km pour pratiquer un sport. Dans ce contexte, le département des Bouches-du-Rhône est mieux loti, mais il existe encore des freins liés à la disponibilité des clubs, aux équipements sportifs, aux compétences.

Quel rôle occupe notre association dans ce programme ?

Je ne la connaissais pas avant de venir à Arles. Mais beaucoup d’acteurs m’avaient déjà parlé de votre association, à Arles et dans le Pays d’Arles. Ce territoire a besoin d’une structure qui fait le lien entre les clubs et le public en situation de handicap. Ce rôle est déjà tenu par ASSPA, qui pourrait même aller encore plus loin. On peut vous accompagner sur cette mission, à travers notre programme « Club inclusif ».

ASSPA est-elle précurseur dans le domaine de l’inclusion par le sport ?

Vous avez déjà une expertise sur le sujet et une maturité plus importante que la majorité des clubs sur cette question. ASSPA a la capacité d’être un coordinateur. Vous représentez déjà un lien entre des publics en situation de handicap, qui sont difficiles à identifier par les clubs, et des structures sportives qui ne sont pas toujours repérées par les personnes en situation de handicap. ASSPA est bien identifié, avec l’action que vous menez notamment le samedi matin (« Découvre ton sport », ndlr). C’est quelque chose qu’il faut apprécier, qu’il faut accompagner et qui est majeur.

Quel regard portez-vous sur notre association au CPSF ?

Le Pays d’Arles est éloigné du centre névralgique du département et de la région. Il est loin de tout, un peu délaissé. Sur ce territoire-là, il n’y a pas moins de personnes en situation de handicap, il n’y a pas moins de besoins pour l’accès à la pratique sportive. Par votre dynamisme, par vos actions et par la personnalité forte de votre fondateur, vous êtes un acteur majeur de l’inclusion. Je vois ASSPA comme un facilitateur pour ouvrir la pratique sportive à un public en situation de handicap. Le comité paralympique a besoin d’une association comme la votre pour mettre de l’huile dans les rouages. Au-delà d’être un club sportif, vous êtes une association très proche du milieu du handicap. Votre capacité à toucher et à intéresser des acteurs du handicap, tout en sensibilisant le milieu du sport, est une vraie force. ASSPA est un repère.