“
Le destin de Cyril et Noémie bascule ce jour d’août 2022, quelques mois après leur mariage. Un accident de VTT le laisse lourdement handicapé, après qu’il a frôlé la mort. “On m’a dit qu’il ne s’en sortirait pas, je me voyais veuve à 33 ans”. Noémie était enceinte de son deuxième enfant, Camille. L’accident de Cyril vient bouleverser cette joie naissante. Celui qui va devenir papa pour la troisième fois (il est déjà le père de Matéo d’une première union) se bat. Après 44 jours en réanimation et près de deux ans dans un centre de rééducation à Marseille, l’ancien pompier retrouve son foyer. Dans une vie qui ne sera plus jamais la même.
A son côté, Noémie s’accroche. Elle a d’abord trouvé avec l’association A3 une oreille attentive et des réponses aux questions qu’elle s’est posée. La jeune mère de famille se rend régulièrement à des réunions d’aidants. Elle s’est également rapprochée d’autres structures, comme l’Association des traumatisés crâniens des Bouches-du-Rhône. Elle échange avec d’autres épouses, mères, sœurs. La parole comme l’écoute est primordiale.
“Mais c’est compliqué de trouver des personnes dans la même situation que moi. Ce sont surtout des parents qui s’occupent de leurs enfants ou bien des femmes plus âgées avec leurs maris malades. Parfois, je me sens un peu seule”. Un isolement rompu, en partie, avec l’ASSPA. Cyril participe aux sorties en randonnée le mardi et aux séances de gym équilibre le jeudi. Ils se retrouvent parfois tous les quatre lors des activités de “Découvre ton sport” le samedi.
« A l’ASSPA, tout le monde vient avec sa propre histoire »
Noémie Marty
“Les gens de l’ASSPA sont bienveillants, on ne me dit pas tout le temps que je suis courageuse. Je le sais, je n’ai pas le choix ! Avec l’association, tout le monde évolue sur un pied d’égalité, chacun vient avec sa propre histoire”. Elle n’abandonnera pas Cyril, “même si mon avenir, ce n’est plus lui, ce sont mes enfants. C’est dur mais c’est la réalité”. Les sapeurs-pompiers d’Arles ne lui ont jamais tourné le dos non plus, comme lorsqu’il fallait amener Noémie deux fois par semaine au centre de rééducation à Marseille, ni ses amis les plus proches. Tous ont participé, de près ou de loin, à sa reconstruction.
Aujourd’hui, la famille a trouvé un équilibre. Avec une auxiliaire de vie, Elodie, qui accompagne Cyril sur ses activités, la présence de la famille et des amis, le tissu associatif dont fait partie l’ASSPA. “On se sent comme une famille normale”. Un peu cabossée, un peu fragile, mais débordante d’amour.
