Les jeunes Arlésiens sensibilisés à la différence

Quelques jours avant le premier Défi sportif inclusif d’ASSPA, trois interventions autour de la différence, conduites par Thomas Joubert, le coordinateur de l’association, avec les enseignants, ont eu lieu à l’école Saint-Vincent-de-Paul, au collège Robert-Morel et au lycée Charles-Privat. Quoique différentes, ces rencontres ont souligné l’implication et l’engagement de la jeune génération sur la question du handicap et de l’inclusion.

Les idées reçues ont du plomb dans l’aile. Non, la jeune génération n’est pas indifférente au monde qui l’entoure. Non, le partage et l’échange ne sont pas des concepts vains pour les adolescents et les jeunes adultes. Oui, le handicap ou la différence les touchent. Les échanges vécus dans deux établissements arlésiens mardi 22 avril et jeudi 24 avril, organisés par ASSPA, en ont apporté une preuve éclatante. Une semaine avant le premier défi sportif inclusif organisé par l’association, la classe de 6e B du collège Robert-Morel, les deuxième année de CAP carrosserie et énergétique et les écoliers de CE1 de Saint-Vincent-de-Paul ont affiché leur intérêt pour l’événement et leur sensibilité sur l’inclusion des personnes en situation de handicap. « Ce sont des générations qui font preuve de tolérance, elles sont même plus ouvertes d’esprit que nous à leur âge », soulignait Cédric Sandrone, professeur d’EPS au collège Morel et partenaire d’ASSPA pour ce premier Défi sportif inclusif. Sa classe de 6eB (27 élèves au total) s’est engagée dans l’aventure.

« Un événement marquant pour eux » Cédric Sandrone, professeur d’EPS au collège Robert-Morel

Mardi 22 avril au matin, Thomas Joubert est venu leur parler d’inclusion, de différence, de partage et d’échange, avant de les familiariser au volley assis et au goalball, un jeu de ballon réservé aux déficients visuels. L’occasion de mesurer à la fois leur degré de sérieux, ainsi que la difficulté pour eux de s’adapter à ces disciplines destinées d’abord à des personnes en situation de handicap. Les collégiens ont su faire preuve d’application, encadrés par Thomas Joubert et Cédric Sandrone. « Le Défi sportif va faire changer le regard qu’ils peuvent avoir sur l’autre, même s’ils sont déjà sensibles à la différence, ils la côtoient tous les jours, estimait le professeur de sport. Cet événement sera marquant pour eux. Le sport, c’est le partage et le dépassement de soi ».

Cédric Sandrone se souvient d’une expérience vécue quatre ans plus tôt, avec son club d’Arles natation. Avec ses élèves, il avait dû encadrer au pied levé le championnat de France handisport. Lui et les jeunes du club en étaient ressortis… différents. « On a vu une jeune fille qui nageait le papillon sans jambes et sans bras ! Et ce sont des sportifs de haut niveau, qui font preuve d’une autodérision et d’un humour incroyable. C’est une leçon de vie. Moi qui suis nageur, si j’avais partagé un moment avec Théo Curin (para-athlète privé de ses membres, ndlr), j’aurais interprété le dépassement de soi d’une manière différente ». Le professeur d’EPS a répondu à l’appel de Thomas Joubert sans la moindre hésitation, tout comme Thomas Ramond, lui aussi professeur de sport au lycée professionnel Charles-Privat.

« Donner de l’espoir à ceux qui n’en ont plus » Abdoulaye, élève en deuxième année de CAP carrosserie et énergétique au lycée Charle-Privat

Pas de séance de sport avec les élèves de deuxième année en CAP carrosserie et énergétique, âgés de 17 à 28 ans, mais la diffusion du film sur le Défi sportif Altergo, une rencontre multisports entre personnes valides et en situation de handicap qui se déroule au Québec depuis 42 ans et qui a inspiré ASSPA. Le documentaire s’est rpolongé par des moments d’échange. D’abord timide, le débat s’est rapidement ouvert et la parole s’est libérée. « C’est très beau ce qu’ils font », lâchait un lycéen. « Ils donnent de l’espoir à ceux qui n’en ont plus », renchérissait un autre après avoir visionné le documentaire. Puis d’évoquer l’inclusion (« On aide les gens en adaptant les sports », « on peut toujours faire mieux »), les Jeux olympiques et paralympiques, la discrimination envers les personnes en situation de handicap (« Elles sont encore exclues », « les gens ont peur des personnes différentes ») et le futur Défi sportif, une semaine plus tard (« On sera là pour les encourager, les motiver, leur montrer qu’ils peuvent faire »).

« Montrer que l’on croit en ces jeunes » Thomas Ramond, professeur d’EPS au lycée Charles-Privat

Thomas Ramond n’était pas surpris par le comportement de ses élèves. « Ce sont des jeunes qui n’ont pas toujours confiance en eux, rappelait-il. Avec un tel projet, on les responsabilise, on leur montre que l’on croit en eux. Et ils se disent quand même : « pourquoi nous, pourquoi nous impliquer ? » Mais ce sont les premiers à se lever du bus quand une personne âgée monte ». L’expérience s’annonce déterminante pour ces lycéens. « Ils parlent sans tabou, ils n’ont pas de préjugés. Ils vont montrer qu’ils ont de grandes qualités ». Les deux interventions conduites par ASSPA ont enclenché le Défi sportif et peut-être ouvert la voie vers d’autres moments d’échange avec les élèves arlésiens, très réceptifs sur des causes comme l’inclusion, le respect et le partage.