Les sports de tradition s’ouvrent à l’inclusion

Les activités tauromachie et course camarguaise s’achèvent samedi 25 mai, pour le programme « Découvre ton sport » saison 2023-2024. A cette occasion, une matinée festive est proposée ce jour-là aux corrales de Gimeaux « Espace toros », à partir de 10 h et jusqu’à midi, avec nos clubs partenaires, l’école taurine d’Arles et l’école de raseteurs d’Arles.

Au cours de ces séances, chacun s’est épanoui et s’est enrichi, que ce soient les licenciés d’ASSPA, ceux de l’Ecole de raseteur d’Arles ou les adhérents de l’école taurine du Pays d’Arles. Une réussite entrevue dès l’année dernière, lorsqu’une séance d’initiation avait été proposée à la Chassagne. Dès lors, l’intégration des sports de tradition dans le catalogue de “Découvre ton sport” ne faisait plus de doute.

« Le différent permet d’aller plus loin par rapport à soi-même » 

“Pendant quatre ans, un jeune garçon atteint de trisomie, Tim, était avec nous, raconte Gérald Radosaveljevic, président de l’Ecole de raseteur d’Arles. Lorsque j’ai réussi à lui faire réaliser un raset, j’étais très fier ! Le projet de Thomas Joubert m’a fait penser à Tim. Dans une arène, tout le monde est pareil”. Cette approche est identique du côté d’Yves Lebas, le président de l’école taurine depuis huit ans. La philosophie de la tauromachie ne pouvait que rejoindre les principes défendus par l’association. “Le différent permet d’aller plus loin par rapport à soi-même, estime-t-il. On vit cela tous les jours dans la tauromachie. Dans notre art et notre discipline, c’est d’établir une relation à l’autre qui nous permet de voir que l’on est plus que nous-mêmes. Quand cet autre nous est présenté comme différent, il est intéressant, il va apporter quelque chose, il va nous interroger sur notre pratique”.

Si les mots ne sont pas les mêmes, des principes communs guident Gérald Radosaveljevic et Yves Lebas dans le travail entrepris avec ASSPA. “Si on a pu amener des jeunes parfois compliqués jusqu’aux trophées des As et de l’Avenir, c’est que le taureau est le seul juge, il nous apprend la vie et le respect. C’est une forme de partage”. Un dogme qui touche même les élèves de l’école taurine selon Yves Lebas. “Pour eux, le fait d’initier au geste taurin des gens a priori en difficulté, cela les oblige à réfléchir sur la nature du geste qu’ils font”. ASSPA a permis la rencontre entre deux milieux finalement pas si opposés. “L’objectif, c’est l’intégration. Car la normalité absolue n’existe pas”. Un credo partagé par ASSPA depuis sa création.