Vanessa Garouche (CIDFF) : « Avec ASSPA, nous partageons des valeurs d’inclusion et de lutte contre les discriminations »

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ASSPA est présente ce samedi, à POP (1 Rue Ferdinand de Lesseps, Arles), pour une journée festive intitulée « Aujourd’hui, les femmes ». Elle animera un atelier de « boxe au féminin ». Loin d’être un one-shot, ce atelier est à l’image de ce que fait ASSPA toute l’année pour permettre l’accès au sport. Depuis deux ans, chaque lundi soir, des cours de boxe au féminin se déroulent à La Collective et chez POP, conduits par une éducatrice sportive d’ASSPA. Ici, aucun frein. Ni l’âge, ni la condition physique. Pas même la question de la garde d’enfants, puisqu’une animatrice est présente à chaque séance pour prendre en charge les enfants des participantes. Une initiative largement saluée par le CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) du Pays d’Arles et sa directrice Vanessa Garouche. Entretien.

Quelles sont les raisons qui ont motivé la présence d’ASSPA lors de la journée « Aujourd’hui, les femmes » organisée chez POP samedi 8 mars ?

ASSPA est un partenaire du CIDFF et de la Collective, l’association a toute sa place en ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Nous voulons mettre en avant tous ceux avec qui nous travaillons tout au long de l’année. Il existe un véritable respect mutuel entre nos structures et un intérêt réciproque du CIDFF pour ASSPA et d’ASSPA pour le CIDFF. Lors de cette journée, il s’agit de faire découvrir ce qui est proposé tout au long de l’année. Nous pensons que l’opération peut être une belle vitrine. Le public présent le 8 mars n’est pas forcément celui qui fréquente le CIDFF ou la Collective le reste de l’année.

Quel est votre regard sur l’atelier « Boxe au féminin », conduit par ASSPA et la Collective ?

C’est une belle initiative. On a tendance parfois à opposer les droits des femmes et le sport. Or, nous sommes vraiment dans le partage de valeurs. Le sport permet de véhiculer certains messages qu’il n’est pas possible de faire passer par ailleurs. La boxe apporte de la confiance en soi, de l’estime de soi et d’autres capacités. C’est un bel outil. Je pense aussi que ce serait intéressant de développer peut-être d’autres activités pour après, s’inscrire dans un club tout le reste de l’année en fait. Le fait que dans cet atelier, un mode de garde soit proposé gratuitement, c’est aussi important. Cela mériterait aussi d’étudier un peu plus précisément quels sont les profils des femmes qui participent et qui font garder les enfants. On pourrait repérer quels sont les freins à la garde des enfants. Ce projet peut servir de laboratoire.

Quelles sont les raisons qui ont incité le CIDFF à se rapprocher d’ASSPA ?

Les valeurs du sport sont très proches de celles que nous défendons. Il était évident que des choses étaient à faire avec ASSPA. Nous les avons plus ou moins concrétisées et je pense qu’on aimerait, Thomas Joubert et moi, aller plus loin dans notre partenariat. Il existe un projet national qui s’appelle « Toute Sport », qui est décliné au niveau local par le CIDFF. L’année dernière, nous avions eu la chance que notre fédération nationale nous identifie comme une structure phare sur ces questions là. Cela nous a amenées à travailler avec différents partenaires. Avec ASSPA, nous aurions aimé vraiment faire quelque chose de plus concret, mais certaines structures n’étaient peut-être pas très enclines à s’engager. Donc, nous avons fait différemment, avec un événement le 5 juin à Barriol et un autre la veille du passage de la Flamme olympique à Arles. ASSPA est un partenaire important et va l’être encore davantage dans les prochaines années.

En quoi la philosophie de notre association sur le sport au féminin se rapproche-t-elle de la vôtre ?

La démarche est d’abord plus globale. ASSPA défend l’idée que l’activité physique est possible pour tout le monde, peu importe son âge, son sexe ou si l’on est porteur de handicap ou non. Sur le sport au féminin, nous partageons des valeurs d’inclusion et de lutte contre les discriminations. Je travaillais avec d’anciens sportifs, notamment dans le milieu du football, une discipline vraiment étiquetée masculine. On se rend compte qu’il existe beaucoup de barrières. Il ne suffit pas d’être une association sportive ou un CIDFF pour les faire tomber. Nous devons vraiment mettre en complémentarité nos compétences pour arriver à lever tous ces freins et faire découvrir le maximum de sports aussi. Parfois, on peut ne pas adhérer à une discipline, mais il en existe plein d’autres dont une qui correspond à ses attentes et ses envies.

Quels sont les freins à la pratique d’une activité physique chez les femmes ?

Le fait d’être maman ou même d’être en couple, on s’interdit de prendre du temps pour soi. La problématique de la garde des enfants est là parce qu’elle incombe plus souvent aux mamans qu’aux papas, même si cela évolue aussi favorablement. Les femmes vont peut-être moins s’autoriser, peu importe le milieu social, à avoir des loisirs. Tout simplement car nous sommes encore éduquées à prendre soin des autres, de ses enfants, de sa famille, de son compagnon ou de sa compagne. Du coup, on culpabilise. Ce ne sont pas des barrières physiques ou psychologiques, mais sociologiques. D’ailleurs, certains chiffres sont inquiétants sur la baisse de la pratique sportive chez les adolescentes.

Les clubs sont-ils plus ouverts au sport féminin ?

Dans les fédérations sportives, même si l’évolution est positive, on reste quand même très genré. Le football et le rugby sont majoritairement masculins, la gymnastique et la danse sont quasiment exclusivement féminines. À travers le sport À travers le sport santé et ses bienfaits par exemple, on va dégenrer les
disciplines.